Maison des journalistes : un projet de formation

Le 8 novembre 2016, des membres de l’association ont rencontré, à Paris, des confrères et consœurs résidents de la Maison des journalistes. Les grandes lignes de notre projet de formation ont été définies.

 photo mdj rencontre de novembre

Une dizaine de journalistes de la Maison des journalistes (MDJ) ont participé à cette première rencontre. La plupart sont résidents depuis quelques mois et viennent du Yémen, d’Iran, du Rwanda, du Burundi, de Syrie, de Mauritanie. Quelques-uns n’y sont plus hébergés mais reviennent régulièrement notamment pour collaborer au média en ligne  loeildelexile.org Ils sont journalistes, graphiste, dessinateur, venus de la TV, presse print et en ligne, radio.

Pendant cette rencontre, étaient également présentes Darline Cothière, la directrice et Lisa Viola Rossi, journaliste, chargée des activités pédagogiques et de sensibilisation et secrétaire de rédaction de loeildelexile.org

L’œil de l’exilé, la rédaction bénéficiaire. Nous avons convenu que le média en ligne de la MDJ serait notre point d’accroche. En effet, il est plus concret de partir d’un espace de publication et d’implication existant. Darline Cothière et son équipe réfléchissent à ce que pourrait devenir ce média, surtout que ce dernier vient de recevoir un agrément professionnel de média en ligne. Ce qui implique réorganisation et redéfinition de son objectif et de sa cible.

Les thèmes de formation. Quelques priorités ont été listées.

  • Ainsi, notre premier atelier pourrait être consacré à une présentation du paysage médiatique français. Il semble que nos confrères aient besoin de comprendre comment fonctionnent nos médias tant sur le plan éditorial que commercial, comment se porte la profession, comment ils pourraient collaborer, etc.
  • Le second thème serait un accompagnement à la redéfinition de la ligne éditoriale de l’œil de l’exilé. Les journalistes ont tous une très forte envie d’exercer leur métier. Or, ils sont inconnus en France. Comment valoriser leurs compétences dans nos rédactions, quel genre d’article pourrait intéresser les professionnels français, les lecteurs hors profession, la diaspora ? Comment l’œil peut-il devenir une référence journalistique ? Les aider à trouver ces réponses sera plus concret que des formations académiques sur le journalisme.
  • Enfin, les techniques d’écriture print et web sont attendues.

Référent à la MDJ. Lisa Viola Rossi sera notre référente. La nomination d’un journaliste résident pourrait aussi être précieuse dans ce besoin de relais direct entre eux et nous.

Calendrier. Nous tenterons de caler un premier atelier fin janvier/début février. Le 2 février a été retenu pour l’instant. Le temps pour la MDJ de redéfinir l’organisation de L’œil. Nous avons établi que nos interventions se passeraient sur une demi-journée. Au rythme d’un atelier tous les deux mois, animé par un ou deux formateurs d’Ouest-Fraternité. Serge Poirot et Valérie Parlan se sont portés volontaires pour le premier consacré au paysage médiatique.

Un partenariat réussi avec “La Voix du Paysan”

En 2010, Ouest-Fraternité a lancé un programme pluriannuel d’appui aux médias camerounais. Il s’est achevé en juin 2016. Parmi les journaux partenaires de notre action : La Voix du Paysan.

Les sessions (une dizaine en six ans) ont permis à la rédaction d’améliorer de manière notable le contenu du mensuel et de maintenir un niveau technique satisfaisant de la fabrication.

Marrin et MP
Marie-Pauline Voufo, directrice des rédactions, et Marrin, en juin 2016, à l’issue de la formation.

Quelques indices permettent d’évaluer la qualité du travail réalisé :

  • Les abonnements de l’édition papier se sont maintenus (9 000 abonnés pour un tirage mensuel de 20 000 exemplaires).
  • La diffusion (notamment grâce au web) s’est développée au-delà des frontières camerounaises (200 abonnements numériques gagnés en six mois).
  • La reconnaissance du journal par les professionnels (cf. invitation au Space de Rennes, prix de l’Ong Seed Foundation, articles dans les journaux du groupe de presse agricole Réussir, dans la revue Altermondes, etc.).
  • La vente en progression constante des encarts publicitaires (désormais, des annonceurs achètent et réservent telle ou telle page sur une année).

Si notre action s’est toujours limitée à une aide aux savoir-faire rédactionnels et techniques sans ingérence dans l’activité économique du journal, nous avons évidemment été attentifs aux aléas financiers rencontrés par l’équipe. En 2015, l’un de nos membres, Serge Poirot, a réalisé son mémoire de master en économie et gestion publique sur les pistes de développement économique de La Voix du paysan. Ouest-Fraternité a permis au journal de disposer d’un diagnostic précis de l’organisation du journal et de ses perspectives de développement.

Le directeur du SAILD (l’Ong camerounaise éditrice du mensuel), Hozier Nana, n’a pas tari d’éloges sur le travail d’Ouest-Fraternité depuis six ans : « Nous avons du mal à réaliser que nous ne serez plus là tant vous avez habitué la rédaction à bénéficier de formations professionnelles. Grâce à vous, nous avons atteint un niveau de qualité du contenu, nous avons exploré les nouvelles formes d’écriture, nous avons pris le virage du web. »

Marie-Pauline Voufo, directrice des rédactions, a, quant à elle, souligné « la grande amitié professionnelle et personnelle qui nous lie désormais. Nous avons encore besoin de vous, il y a sûrement une possibilité de poursuivre nos actions communes, non ? »

Hozier et charles
Hozier Nana, directeur du SAILD, et Charles Tsiri à la remise des attestations de formation, en juin 2016.

Si nous avons bien précisé que notre projet d’appui sous sa forme pluriannuelle prenait fin avec cette mission (nous n’avons pas vocation à nous installer durablement dans les rédactions), nous avons réitéré notre volonté de garder le contact avec l’équipe. Pour La Voix du paysan, nous pourrions, par exemple, être associés, à l’initiative du SAILD, à des demandes de subvention ou à des appels d’offre.

Nos confrères et consœurs de La Voix ne manquent pas d’idées. Ils savent que, maintenant, le travail sur différentes niches de revenus sera essentiel pour éviter la dépendance d’une seule et unique source de financement.

Hozier Nana a dressé la liste de quelques projets pour lesquels l’association Ouest Fraternité pourrait être sollicitée en tant que partenaire. Au dernier trimestre 2016, l’association refera un point sur ces pistes avec la direction du journal. De là, le conseil d’administration d’Ouest-Fraternité décidera si une mission ponctuelle sur l’un de ces sujets (ou d’autres à venir) devra être mise au calendrier des actions de l’exercice 2017.

Juin 2016 : c’était notre dernière mission au Cameroun

groupe session

La rédaction du mensuel “La Voix du paysan” lors de la session de formation. De gauche à droite, en haut : Magloire Biwolé, Irénée Bidima, Valérie Parlan, Jean Kana, Merline Djatcha, Marie-Pauline Voufo, Berthe Mewo Mounbana, Ful Joy Kughong. En bas, de gauche à droite : Vincent Coquaz, Martial Njie Tabi, Fany Engbwengbwa et Charles Tsiri.

La dernière session de formation au Cameroun s’est déroulée à Yaoundé du 10 au 17 juin 2016, au sein du mensuel La Voix du Paysan. Au programme : les fondamentaux de l’écriture journalistique et de l’editing web et les réseaux sociaux.

Les deux formateurs étaient Valérie Parlan et Vincent Coquaz, journaliste à www.arretsurimages.net, site de décryptage et d’analyse des médias, formateur au CFPJ. Ils ont privilégié comme support d’exercices le journal en cours de bouclage, les suppléments « quatre pages » consacrés à la crise de la grippe aviaire édités pendant notre séjour ou encore les sujets en préparation pour les futures éditions.

jean ordi 1

Le dernier jour de la semaine, Valérie Parlan a dressé le bilan de la session et du projet Cameroun avec la direction du journal. Vincent Coquaz a travaillé avec Jean Kana, le webmaster, aux derniers réglages de la mise en ligne du nouveau site du mensuel http://lavoixdupaysan.net/

 

Dix journalistes du mensuel ont participé à la session. Comme toujours, le groupe a fait preuve d’enthousiasme, de bonne humeur et de sérieux.

« L’impression générale est celle d’une grande motivation des équipes et d’une bonne ambiance de travail, a constaté Vincent Coquaz. Tous les participants étaient très demandeurs de conseils et motivés pour apprendre un maximum de choses. »

L’équipe, toujours en flux tendu, a eu à faire face en même temps que la formation à la crise de la grippe aviaire qui sévissait dans le pays depuis quelques semaines. Souvent, les participants ont donc eu à faire deux journées en une.

salle 1
Pendant le stage, les piliers de la rédaction et les jeunes recrues ont réfléchi à leur pratique.

La participation d’anciens et de nouveaux rédacteurs à la formation a permis de travailler sur la transmission des savoirs. Les plus aguerris ont, par exemple, révisé des fondamentaux de l’écriture déjà vus lors de sessions précédentes et ainsi pu en mesurer la maîtrise dans leurs écrits actuels. Ils ont pu partager leur expérience avec les nouveaux journalistes lors des exercices et débats.

C’est assez rare pour être précisé, les journalistes en poste depuis plusieurs années n’hésitent jamais à revenir en formation. Cette humilité devant l’évolution des pratiques et le besoin de se remettre en question est l’un des atouts de cette rédaction. « Toujours revenir sur les bases est essentiel, a insisté Marie-Pauline Voufo, directrice des rédactions. À chaque passage des formateurs d’Ouest-Fraternité, on confirme les bons réflexes, on chasse les mauvais. Et on le fait tous ensemble, pour parler le même langage avec ceux qui nous rejoignent. »

Cette richesse transgénérationnelle est également précieuse pour le développement du web. Certains jeunes rédacteurs ont une agilité numérique confirmée (notamment des réseaux sociaux). Leurs connaissances permettent de stimuler la pratique des plus âgés.

Les résultats obtenus

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Le message essentiel. La notion est encore complexe pour certains. Les journalistes identifient bien ledit message, mais peinent à le valoriser dans la titraille et l’attaque du papier. La nécessaire mise en avant et la formulation du message sur le web, grâce aux mots-clés pour le référencement, les aideront pour le print.

L’angle. Le fait d’avoir sous la main une actualité chaude (crise de la grippe aviaire) a permis de travailler très concrètement la recherche d’angles originaux adaptés à un lectorat hétérogène. L’enjeu, vulgariser tout en restant une référence sur le sujet, est d’autant plus capital que le web va permettre de toucher d’autres lecteurs au-delà des frontières. La rédaction semble maîtriser de plus en plus cette notion d’angle.

L’interview et le reportage. Il a été question de révision des acquis puisque ces genres avaient été l’objet de précédentes formations. Quel plaisir de lire des confrères devenus adeptes de tel ou tel genre depuis les dernières sessions ! Encourageant aussi de sentir chez les nouveaux venus des aptitudes certaines. Là encore, depuis le lancement du projet, les progrès sont indéniables.

Le backoffice. Quasiment aucun des participants à la formation n’avait déjà utilisé un backoffice, même de blog, pour mettre en ligne un article, ou n’avait travaillé directement pour une publication web.

Les liens. On a insisté sur l’importance des liens qui permettent au lecteur et aux moteurs de recherche de naviguer sur un site et entre des publications.

Facebook. Jean Kana et Merline Djatcha ont réussi à prendre la main sur la page Facebook qui a été créée pour l’occasion et qui recrute désormais plus de 10 « fans » par jour https://www.facebook.com/lavoixdupaysan/?fref=ts

Preuve de l’intérêt de cette page : à peine quelques jours après sa création, plusieurs lecteurs de LVDP se sont déjà manifestés pour demander des conseils pour leurs cultures agricoles ou pour s’abonner.

Twitter. La formation a également été l’occasion pour les journalistes de La Voix du Paysan de se créer un compte Twitter chacun, plutôt dans une optique de veille, en suivant des comptes relatifs aux sujets traités dans le journal. Les retours ont été très positifs sur ce point. Jean Kana, qui disposait déjà d’un compte, s’en sert également pour des prises de contact.

Des préconisations

Idéalement, une nouvelle mission de perfectionnement sur l’écriture web et la gestion du site serait souhaitable. Pour qu’au même titre que les sessions sur l’écriture, les acquis et réflexes puissent être confirmés.

Jean Kana, le webmaster, n’avait pas d’ordinateur performant pour assurer la lourde tâche d’administration du site. Constatant ce problème, nous avons demandé à Ouest-France si l’ordinateur portable prêté pour la mission pouvait être laissé à la rédaction. Cela a été accepté.

Côté fabrication et montage de l’édition papier, le journal a réitéré sa volonté de migrer d’XPress à InDesign. Comme nous avions, lors de différentes missions, mis en place une nouvelle maquette en version Xpress, leur souhait est que nous les accompagnions pour le basculement vers InDesign.

t shirt 300
Lors de notre passage, la rédaction venait d’ailleurs de fêter le 300e numéro. Preuve que le titre a acquis, en 25 ans, une légitimité incontestée dans le paysage médiatique camerounais et en Afrique centrale.

Des parrains au Nord, des lecteurs au Sud

Akono Kabeyene Albert dans son exploitation à Mvoutedoum.
Akono Kabeyene Albert dans son exploitation à Mvoutedoum.

Début 2015, Ouest Fraternité s’est associé La Voix du paysan pour lancer, en France, une deuxième campagne de parrainage d’abonnements. Au Cameroun, la rédaction du mensuel a également mobilisé la diaspora camerounaise et des personnalités locales.

L’opération a permis à 518 paysans camerounais de recevoir chaque mois le journal. Selon la région, les lecteurs ont eu le choix entre la version francophone ou anglophone, The Farmer’s voice. Cet  accès à l’information agricole est précieuse pour les agriculteurs dont les revenus sont faibles. L’achat d’un journal est parfois impossible à budgéter dans les foyers. Le parrainage leur a ainsi offert l’occasion de découvrir les atouts du mensuel :  des conseils pratiques, dossiers et reportages sur la culture et l’élevage.

Un an après, les journalistes de La Voix du paysan ont rencontré des lecteurs bénéficiaires. Voici leur reportage.

Jean Bisso.
Jean Bisso.

« La Voix, c’est mon enseignant »

Jean BISSO, agriculteur dans le village Ndeng.

« Ce journal, je l’ai découvert de manière fortuite. Cette année, j’ai bénéficié d’un abonnement parrainé et aujourd’hui, je le considère comme mon guide.

Dans La Voix Du Paysan, j’ai appris que la terre ne ment pas et que l’agriculture est faite non seulement pour se nourrir et nourrir sa famille, mais est un métier à part entière. Bien faite, en respectant les itinéraires techniques, l’agriculture est capable de produire des revenus consistants, même au village. La Voix Du Paysan, je l’appelle maintenant mon enseignant. Il ne me reste qu’à mettre tous ces conseils en pratique.

Maintenant que nous avons pris goût à la lecture de ce journal, les ressources financières étant très rares au village, à défaut de nous accorder encore une année d’abonnement, qu’on nous donne des conditions préférentielles pour le réabonnement.»


« La difficulté d’accéder à l’information au village »

Albert AKONO KABEYENE, agriculteur/éleveur au village Mvouetoudoum par Bityili.

Depuis quand recevez-vous La Voix Du Paysan?

Dans le cadre de ce parrainage, je reçois le journal depuis bientôt une année. Néanmoins, je le connais depuis plusieurs années quand je faisais encore de petits jobs en ville. Mais depuis que je me suis retiré au village pour faire les travaux champêtres et le petit élevage, j’ai été coupé de la presse. La difficulté est réelle quand il s’agit de l’accès à l’information au village. Et du côté des structures d’encadrement de l’Etat, il n’y a pas grand-chose en termes d’informations actualisées. Notre source devient donc le journal des producteurs, le seul qui arrive à nous par tous les moyens, même par voie de parrainage.

Que pouvez-vous dire aux parrains ?

Nous remercions profondément les donateurs. Ils ne mesurent peut-être pas l’ampleur de l’acte qu’ils ont posé à l’endroit des paysans camerounais. Dans notre groupe, nous cultivons de nouvelles idées. Les membres du groupe qui se sont habitués à lire La Voix Du Paysan pendant toute l’année 2015 vont avoir de la peine à ne plus lire. Quelques-uns ont dit leur intention de se réabonner pour garder la connexion avec l’information agricole.

Propos recueillis par Jacques Pierre Seh

Bi Judith.
Bi Judith.

“We are grateful for the free subscriptions”

Bi Judith, Farmer, Ekondo Titi

“I am grateful for the free subscription because it helped us to get the paper. In fact we have learnt a lot about how to grow palms, cocoa and even plantains. In every issue there is a big lesson for me so before receiving the paper I am always anxious of what new thing I will learn. The only thing I want to say is that sometimes due to bad roads we find it difficult to get the paper.

Apart from the problem of threats to seize our farms by some government officials that has confused us, I am sure many other farmers here will subscribe because they have had the opportunity to share our copies.”

Marius Assahkoh.
Marius Assahkoh.

“I am very grateful for the almost free subscriptions”

Asaahkoh Marius, farmer Alou, Libialem Division

“I was very happy when our president told us that we could receive The Farmer’s Voice here just for a token. Sometimes I see the paper either in Buea or in Dschang but due to bad roads we hardly get the paper here so I was very happy when I got the first copies. The Farmer’s Voice that focused on pepper farming last June seemed to have served as a kind of reawakening to my efforts in gardening. I learnt a lot from that particular issue. Another striking issue was the one that talked about the misuse of pesticides by farmers.

Apart from these two that have helped me a lot, are some other issues like the letter column where some of the questions and answers enlightened me. I am very grateful for the almost free subscriptions and I am praying that by the time it ends I will be able to re-subscribe though this year has not been easy on us farmers.”

Interviewed by Daniel Bangsi Song

Les parraines autour du cure de la paroisse de Melane.
Les parraines autour du cure de la paroisse de Melane.

Un club de lecteurs assidus à Melane

Le curé a fait de ses ouailles des agriculteurs connectés à l’information.

L’amour pour le journal La Voix Du Paysan, dans la localité de Melane (région du Sud Cameroun), naît avec l’arrivée du Père Serges Atangana Amougou comme curé de la paroisse de Melane. Passionné par le travail de la terre, il a entrepris avec ses paroissiens plusieurs activités agropastorales dans le village.

Une ancienne palmeraie a été relancée, une bananeraie mise sur pied et bien d’autres activités pour redonner vie à l’œuvre missionnaire créée dans cette localité, en 1946, par le Père français François Pocreau.

En quête d’une source viable d’informations agropastorales, La Voix Du Paysan apparaît comme un bon outil d’accompagnement pour leurs actions de terrain. L’association bretonne les Amis de Melane soutient cette région depuis des années. C’est pourquoi elle a contacté l’association Ouest Fraternité afin d’accompagner le travail des paysans à travers ces abonnements.

Le Père Serges Atangana Amougoue ne tarit pas d’éloge sur cette initiative : ” les mots  me manquent pour exprimer ma joie de voir 10 paroissiens assidus à la lecture d’informations utiles au développement de leurs activités. Nous aimerions que d’autres lecteurs en profitent. Aujourd’hui, grâce au journal, c’est une autre dynamique dans l’action communautaire qui s’est engagée dans ce village.”

Robert Zouam.
Robert Zouam.

« Je vais étendre ma bananeraie »

Robert Zouam, cultivateur dans le village Melane.

 Comment avez-vous connu La Voix Du Paysan?

J’ai entendu parler de ce journal il y a longtemps. Mais je l’ai tenu en main en début de cette année quand notre curé nous l’a apporté en nous informant que nous étions bénéficiaires des abonnements qui ont été offerts par des bienfaiteurs en France l’association les Amis de Melane, que nous ne connaissons pas.

Après un an, qu’avez-vous appris?

Je peux citer particulièrement les conseils sur la conduite des spéculations courantes de chez nous comme le manioc, le bananier plantain, l’association cacao et arbres fruitiers. Je suis certes un cultivateur de longue date, mais au contact du journal, j’ai réalisé combien j’aurais dû le connaître un peu plus tôt. Qu’importe, je me suis inspiré de quelques conseils qui y sont donnés. Et présentement, je suis en train d’étendre ma bananeraie. Après un an de lecture, La Voix Du Paysan est devenue un compagnon. Ça va être difficile de ne plus la lire.

Jacques Pierre Seh

Seed Foundation : un prix pour La Voix du paysan

Henri Rouillé d'Orfeuil remet le prix "Terres d'avenir" à Bernard Boudic, président de Ouest Fraternité. (Photo Seed Foundation)
Henri Rouillé d’Orfeuil remet le prix “Terres d’avenir” à Bernard Boudic, président de Ouest Fraternité. (Photo Seed Foundation)

Petit moment de fierté collective, lundi soir 2 novembre, à Paris à la Maison des associations de solidarité : l’association Ouest Fraternité et son partenaire camerounais, le journal “La Voix du paysan”, ont reçu de Seed Foundation le prix “Terres d’avenir” pour l’innovation agricole en Afrique. Ce prix, accompagné d’une dotation de 6 000 € m’a été remis par Henri Rouillé d’Orfeuil, ingénieur agronome, ancien président de la fédération d’ONG Coordination Sud.
Créée en 2009, à l’initiative de la société Pierson, par huit PME européennes et africaines et deux particuliers, Seed Foundation est un Fonds de dotation qui agit en faveur du développement agricole en Afrique. Il encourage ses ONG partenaires à agir sur l’ensemble de la filière, de la production à la commercialisation et à s’inscrire dans une démarche de capitalisation des bonnes pratiques susceptibles d’inspirer de nouveaux acteurs.
C’est à ce titre que “La Voix du Paysan” et Ouest Fraternité ont été distinguées : la “Voix du Paysan” organise cette année pour la deuxième fois les “Agric Awards de l’agriculture camerounaise” qui vont être remis le 18 novembre prochain dans un grand hôtel de Yaoundé à une douzaine d’agriculteurs. Non seulement ceux-ci seront célébrés et honorés, mais ils représenteront la paysannerie camerounaise dans diverses manifestations et seront appelés à diffuser leurs pratiques et leur savoir-faire. La dotation de Seed Foundation servira à arrondir les sommes versées aux lauréats et à préparer une troisième édition des “Agric Awards”.
Deux autres ONG ont été distinguées, Elevages sans frontières qui agit au Sénégal, et Essor qui est présente au Cap Vert et en Guinée-Bissau.

La Voix au Space et à Ouest-France

La directrice de la rédaction de La Voix du paysan, Marie-Pauline Voufo.
La directrice de la rédaction de La Voix du paysan, Marie-Pauline Voufo.

Ils sont restés trois jours seulement. Mais trois jours qu’ils ont trouvés extrêmement enrichissants. Marie-Pauline Voufo, directrice de la rédaction de La Voix du Paysan, mensuel agricole camerounais, et Magloire Biwole, responsable du marketing et de la diffusion, ont séjourné du 15 au 18 septembre à Rennes. Tous deux avaient été invités par le Space, salon international de l’élevage, et l’association Ouest Fraternité.

L’objectif de ce séjour était de permettre à nos confrères camerounais de prendre des contacts avec les médias agricoles français : Le Paysan breton, le groupe Réussir et La France agricole, notamment. Ils étaient également là pour s’informer au Space sur les méthodes et innovations techniques dans le secteur de l’élevage.

Magloire Biwole a aussi rencontré des responsables de la publicité, des équipes commerciales et des rédacteurs en chef de Publihebdos et du groupe InfoMer. Ses interlocuteurs lui ont parlé de la manière dont leurs journaux s’organisaient.

Marie-Pauline Voufo, comme Magloire Biwole, ont été enchantés par ces échanges. Ils rentrent au Cameroun avec beaucoup d’idées qu’ils vont mettre à profit pour assurer la survie du journal. En effet, en 2016, l’organisation non-gouvernementale, SOS Faim qui finançait le mensuel depuis vingt-sept ans, mettra fin à ce soutien.

Enfin, la venue de nos deux confrères camerounais a permis d’organiser, le jeudi 17, une conférence à l’espace Ouest-France, rue du Pré-Botté, à Rennes, sur l’avenir de l’agriculture du Cameroun. Après une présentation du journal, Marie-Pauline Voufo a évoqué la situation des paysans camerounais qui représentent 60% de la population. Ils exploitent en moyenne un à trois hectares de terre et souffrent du manque d’aides et d’accompagnement de l’Etat.

Parmi les messages porteurs d’espoir, ils ont parlé d’un programme de formation des jeunes agriculteurs. Une opération soutenue par La Voix du paysan. Ils ont aussi abordé les actions menées par les paysans et relayées par le mensuel, pour que les exploitants vivent de leur activité.

Au fil des discussions, les difficultés rencontrées par les populations rurales dans le nord du pays, du fait de la présence des terroristes de Boko Haram, ont été rapportées. À l’est, les paysans subissent aussi de nombreuses exactions commises par les miliciens centrafricains anti-Balaka et les rebelles de la Séléka. Des paysans dont les récoltes et habitations sont régulièrement détruites.

En clin d’œil à l’actualité française et à la colère des agriculteurs, Marie-Pauline a salué la mobilisation paysanne hexagonale, impensable au Cameroun : « Un pays qui ne prend pas soin de son agriculture, c’est la famine qui l’attend. »

 

Le récit de ce séjour dans l’édition d’octobre de La Voix du paysan

Space 2015 Rennes dans Lvdp 293-Oct 2015

Retrouvez l’actualité de la Voix du paysan sur http://www.lavoixdupaysan.org/

Magloire Biwolé, responsable marketing et ventes du mensuel et Marie-Pauline Voufo lors de la conférence à l'Espace Ouest-France.
Magloire Biwolé, responsable marketing et ventes du mensuel et Marie-Pauline Voufo lors de la conférence à l’Espace Ouest-France.
lecture de La Voix du paysan

La Voix du paysan en conférence à Rennes le 17 septembre

Quel avenir pour l’agriculture camerounaise ? Pour répondre à cette question, l’association Ouest Fraternité organise le jeudi 17 septembre à l’Espace Ouest-France (1), une conférence débat. Vaste sujet puisqu’au Cameroun, 60% des 22 millions d’habitants vivent de l’agriculture. Ce secteur contribue à hauteur de 20% au PIB. Pas un hasard si le pays a longtemps été considéré comme “le grenier de l’Afrique centrale”.

A l’occasion du Salon international des productions animales (Space), Marie-Pauline Voufo, directrice de la rédaction du mensuel camerounais La Voix du paysan, sera à Rennes du 15 au 18 septembre.

Chaque mois, ce journal s’adresse aux milliers de paysans qui vivent, pour la plupart, d’une agriculture familiale. Depuis 1988, l’équipe de journalistes sillonne le pays pour offrir à ses lecteurs conseils et débats sur les bonnes pratiques et les débouchés commerciaux de leurs élevages et cultures.

Cette venue au Space sera pour notre consoeur une occasion de rencontrer des professionnels du monde entier, de présenter le mensuel, expérience éditoriale unique en Afrique centrale et d’échanger avec le grand public lors de la conférence.

Pour Ouest Fraternité, l’accueil de Marie-Pauline et de son confrère Magloire Biwolé, responsable marketing du titre, permettra de renforcer les liens noués depuis maintenant cinq ans entre le journal et notre association de soutien aux médias du Sud.

(1) : Espace Ouest-France, 38 rue du Pré Botté, à Rennes. A 20h30. Entrée gratuite.

Soutien aux Médias du Sud